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Nam Theun 2 : voyage au cœur d’un projet hydraulique au Laos 

Aux confins de l’Asie, le Laos déploie ses montagnes, ses plateaux et ses plaines autour d’un réseau dense de rivières. Parmi elles, la Nam Theun offre un potentiel hydraulique exceptionnel. C’est dans ce paysage qu’a émergé l’un des projets énergétiques majeurs du pays au début des années 2000 : la centrale hydraulique de Nam Theun 2.  

Un détour par les rives du réservoir permet de saisir l’ampleur du site de Nam Theun 2. La centrale s’appuie sur un vaste plan d’eau de 489 km², capable de stocker jusqu’à 3,9 milliards de m³ d’eau au plus fort de la saison des pluies. Le barrage, 40 mètres de haut sur 436 mètres de long, s’inscrit dans le paysage.

Nam Theun 2, ce n’est pas seulement un barrage ou une centrale : c’est un ensemble réparti sur trois provinces du Laos, chacune jouant un rôle clé.

  • À Bolikhamxay, le barrage retient les eaux du bassin versant sur le plateau de Nakai et façonne le vaste réservoir.
  • À Khammouane, la centrale hydroélectrique, installée en aval dans la vallée de la Xe Bang Fai, accueille six turbines : quatre turbines Francis de 250 MW, destinées à l’exportation vers la Thaïlande, et deux turbines Pelton de 40 MW, dédiées à l’alimentation du marché domestique lao.  
  • À Savannakhet, Nam Theun 2 a construit et exploite une ligne de transport d’électricité de 140 km jusqu’au point de livraison à la frontière Thaïlandaise, complétant ainsi un corridor énergétique d’envergure régionale.

Ensemble, ces infrastructures permettent une production annuelle pouvant atteindre 6 TWh, au rythme des cycles de la mousson et des saisons. Nam Theun 2, par sa dimension territoriale comme par sa puissance installée, constitue l’un des piliers du secteur énergétique du Laos.

Un projet ancré dans l’histoire énergétique du Laos 

L’histoire de Nam Theun 2 commence bien avant sa mise en service. Dès 1927, le potentiel de la rivière Nam Theun est identifié. Les années 1990 confirment l’intuition : le site se prête à un aménagement hydraulique d’envergure. La mise en service intervient en 2010, ouvrant un nouveau chapitre pour le Laos et pour les communautés environnantes. 

Courant 2024, la centrale franchit une étape importante avec l’achèvement de sa première grande révision depuis son lancement. Une séquence clé qui confirme la maturité du projet et prépare les prochaines décennies d’exploitation. 

Soutenir les communautés et protéger un environnement unique 

Sur le plateau de Nakai, les villages qui bordent aujourd’hui le réservoir témoignent de l’ampleur de la transformation du paysage. 32 écoles et crèches ont vu le jour, ainsi que deux centres de santé et plus de 270 km de routes et ponts. Les systèmes d’irrigation, installés en aval du barrage, permettent désormais deux récoltes de riz par an, modifiant durablement les pratiques agricoles locales. Des programmes de formation, pêche, mécanique, agriculture, hôtellerie, ont également été déployés pour soutenir l’autonomie économique des populations et accompagner l’évolution des métiers.  

« Nam Theun 2 n’est pas seulement un ouvrage énergétique. C’est un projet de territoire, construit avec et pour les communautés qui vivent autour de la centrale. » Patrick Charignon, Directeur Asie Pacifique EDF power solutions 

Autour de ce même réservoir, le bassin versant a été classé Parc national de Nakai Nam Theun, l’un des plus riches en biodiversité du pays. NTPC y mène des actions de préservation : protection des éléphants sauvages, lutte contre le braconnage, suivi des espèces endémiques. Avant même la mise en eau, un laboratoire environnemental avait été créé. Aujourd’hui, une vingtaine de salariés y travaillent, en lien avec des chercheurs internationaux.  

Au cœur de l’exploitation : assurer la sécurité et faire évoluer l’ouvrage et viser l’excellence

Sur le site, la sécurité est omniprésente. Marc-Antoine Rupp, CEO de NTPC, insiste sur cette exigence quotidienne : « Notre priorité reste la même : garantir une exploitation sûre et exemplaire, tout en anticipant les évolutions techniques nécessaires pour les années à venir. »

La première grande révision des installations, menée entre 2020 et 2024, a confirmé la fiabilité de l’ouvrage. La prochaine campagne d’inspections majeures est prévue entre 2031 et 2034, avant la restitution de la centrale au gouvernement en 2035.  Dans cette dynamique, NTPC poursuit également un vaste programme de certifications. Après avoir obtenu en 2024 la norme ISO 37001 Anti‑corruption, l’entreprise prépare six autres certifications portant sur l’éthique, la conformité, la sûreté hydraulique, la cybersécurité et le développement durable.